Action contre la faim |
Action contre la faim : Noël 2007
Le spectre de la famine par Yves Magat de la TSR
Le reportage de la TSR
Action
contre la faim : Noël 2007
Graine de Baobab, privilégie les actions pour assurer la souveraineté
alimentaire par le maraîchage et des activités
génératrices de revenus: savonnerie
et embouche. Mais face aux dures réalités,
des coups de pouce sont parfois nécessaires !
Une situation d’urgence liée
aux aléas climatiques économiques (trop de pluie, champs inondés
et très peu de récoltes en 2007) nous a conduits à mener
une action de Noël auprès de nos membres
que nous remercions chaleureusement ici!
Nous avons pu ainsi acheter dix tonnes de maïs.
Dès que la faim s’est fait sentir, ces céréales
ont permis de préparer des repas sur les lieux de travail des divers
projets soutenus par notre association:
la savonnerie, le maraîchage, l’embouche, le chantier de l’école
de V1 et enfin les écoles de Ouâda et de V4.
Action
contre la faim : un repas par jour pour chaque élève
de mai à juillet 2008
Vu l’ampleur de la crise alimentaire et le message des enseignants en
avril 2008:
“Nos 556 élèves travaillent dans la faim. Les vivres que
les parents ont réunis sont terminées. Nous demandons à
l’association Graine de Baobab de nous aider. Nous les maîtres,
quand nous regardons nos élèves après 10 H du matin,
nous constatons que le message scolaire ne passe plus. Il y a un problème
dans les familles, il n’y a pas à manger. L’élève
vient à l’école sans manger, c’est très dur.
Avec l’augmentation des prix des denrées alimentaires, certains
pères abandonnent leur foyer laissant derrière eux femmes et
enfants.”
Graine de baobab a lancé un appel par mail et de nombreuses personnes
ont réagi avec générosité.
Nous avons pu ainsi assurer un repas par jour pour les
556 élèves de l’école de Ouâda jusqu’aux
vacances de mi-juillet. Les enfants étant particulièrement
fragilisés en période de pénurie alimentaire et les dégâts
au niveau de la santé pouvant être irréversibles.
Bilan de l’action
contre la faim
Une action qui a permis une hausse significative des résultats scolaires
pour les élèves. Preuves à l’appui nous ont été
remises par les enseignants!
Les bénéficiaires des associations ont vivement apprécié
notre soutien qui leur a donné la force de cultiver leurs champs et
pour les femmes de la savonnerie, l’énergie nécessaire
pour presser l’huile. Beaucoup auraient quitté le village sans
cette aide.
Cette année, la saison des pluies a été favorable
aux cultures et les paysans-es auront vraisemblablement de quoi se nourrir.

Le
spectre de la famine par Yves Magat de la TSR
Un journaliste de la télévision suisse romande, Yves Magat,
en marge de la crise alimentaire mondiale, s’est rendu à Ouâda
le 30 avril et le 1er mai et notre action a été relatée
au téléjournal du 8 mai dans le cadre de la crise alimentaire
mondiale.

Voici ce qu’il a écrit sur son blog http://tsr.blogs.com/ym/
Le spectre de la famine
Par Yves Magat
01 mai 2008 Ouâda, Burkina Faso
Tenir jusqu'à la récolte du mois d'octobre. C'est cet espoir auquel tout le monde s'accroche ici à Ouâda, dans l'est du Burkina Faso. Mais plusieurs jeunes du village ont déjà vendu leur maigre cheptel de chèvres et vaches faméliques et sont partis chercher du travail à l'étranger. Ce sont les femmes qui doivent supporter le plus dur de cette situation, explique une villageoise, car ce sont elles qui reste à la maison avec les enfants.
L'école du village compte environ 500 enfants pour une population de cinq mille habitants. Jusqu'à présent, malgré un niveau de vie très précaire, les parents des élèves fournissaient les céréales pour le repas de midi. Mais les inondations de l'an dernier ont détruit les cultures traditionnelles: mil, sorgho. Sur un terrain très sec, les pluies violentes n'ont pas pu être absorbées. Et l'augmentation du prix du riz importé d'Asie ne permet plus aux villageois de se le procurer en remplacement. Le kilo de riz au Burkina Faso a doublé de prix en une année. Il faut donc compter sur une aide extérieure pour que les enfants aient au moins un repas par jour. C'est l'association genevoise Graine de Baobab, déjà présente dans le village depuis 2004, qui fournit depuis un mois les fonds nécessaires à l'achat de maïs et de haricots noirs.
Les habitants de Ouâda se fondent en remerciements pour cette aide. Sans cette aide, notre vie aurait perdu son sens car lorsqu'on voit ses enfants sans nourriture, il ne sert plus à rien de vivre, nous déclare le chef du village, le Naba Kiba à l'allure très respectable.
D'une manière moins lyrique, un des techniciens agricoles travaillant dans le village explique que l'aide est indispensable pour la soudure, jusqu'à la récolte de céréales d'octobre. Le problème, c'est que plusieurs villageois ont déjà consommé les semences pour ne pas mourir de faim. Ils n'ont donc plus grand chose à replanter. A Ouâda, comme dans tout le Burkina Faso et dans de nombreuy pays africain, le spectre de la famine se profile à l'horizon.
Aujourd'hui Premier Mai, dans la ville voisine de Tenkodogo, un cortège pathétique de quelques militants syndicaux sillonne les rues en protestant contre la hausse des prix des aliments: Il ne sert à rien de toujours accuser le monde entier, nous dit l'un d'eux. C'était aussi à nos autorités de prévoir cette situation et mieux gérer la répartition des cultures.
Comme ailleurs, problèmes locaux et mondialisés s'entrechoquent. Ceux qui en font les frais sont toujours les plus faibles.