Projet agro-écologique dans neuf villages |
INSECURITE ALIMENTAIRE
PROJET PHASE I -2009-2011 - DANS SIX VILLAGES
LES FOSSES FUMIERES ET LE COMPOST
LES CORDONS PIERREUX
LES PLANTATIONS
LE PROJET PHASE II- 2011-2013- DANS NEUF VILLAGES
INSECURITE
ALIMENTAIRE
Au Burkina Faso, la région du Centre Est, essentiellement peuplée
d’agriculteurs et d’éleveurs est touchée par l’insécurité
alimentaire. L’irrégularité des pluies, la pauvreté
des sols, l’érosion et la pression démographique sont les
facteurs aggravants.
L’année 2008 a été marquée par une grave pénurie
due aux intempéries et à la crise céréalière
entraînant rareté et cherté des denrées de première
nécessité. Graine de baobab a mené une
action contre la faim pour soulager les élèves. Mais l’aide
alimentaire ne peut être qu’une réponse partielle et momentanée.
PROJET PHASE I -2009-2011 - DANS SIX VILLAGES
Le projet s’est concentré sur une zone peuplée d'environ 10'000 habitants. Il a proposé à la population d'améliorer sa situation en aménageant les terres appauvries et en développant des activités agricoles.
Initié en avril 2009, le projet a été mené par l’association Agir au Burkina, qui avait au préalable mené une enquête terrain en septembre 2008 auprès des populations locales.
Enquête qui avait débouché sur un inventaire, une sélection des besoins et la rédaction en partenariat avec Graine de Baobab du projet agro-écologique qui a été accepté par la FGC - Fédération Genevoise de Coopération- en avril 2009.
La retenue d’eau a été réhabilitée: les fuites initiales de la digue ont été comblées. Un ravin en amont a été comblé.
Un centre polyvalent a été construit. Etant le seul bâtiment de ce type dans la région, il permet la tenue de réunions, de formations, le stockage de matériel, l'accueil de visiteurs et peut être loué par différentes institutions. C’est également le lieu de travail de l’équipe terrain.



Des formations ont été données : 186 paysans-nes des six villages du projets ont suivi des formations en technique de confection des sites anti-érosifs, en production de compost, en technique de plants et de reboisement.

606 fosses fumières ont été construites. Le compost produit dans ces fosses enrichit la terre et évite l’achat d’engrais qui appauvrissent le sol et les paysans.

214 hectares de cordons pierreux ont été aménagés
Technique consistant à aligner de gros cailloux pour réduire l'érosion hydrique, augmenter l'infiltration des eaux de pluie, conserver et améliorer la fertilité des sols.
La combinaison des cordons (qui atténuent l'érosion de la terre) avec l'utilisation du fumier a considérablement augmenté le rendement des cultures, tout en diminuant le coût des engrais.

Une pépinière a été mis en place. 25'510 arbres ont été plantés (neems, prosopis, manguiers, citronniers, goyaviers, anacardes...) afin de restaurer le couvert végétal, stabiliser les sols, mais aussi pour exploiter les produits (essences indigènes produisant graines et fruits)
Le système d'irrigation dans la zone de maraîchage a été amélioré et le revenu des maraîchers a augmenté.
LES FOSSES FUMIERES ET LE COMPOST
Le compost restaure les sols dégradés par l’utilisation abusive des engrais chimiques, des herbicides et des pesticides et par l’érosion due aux vents et aux pluies.
1. le creusage des fosses
Les familles qui souhaitent une fosse sont épaulées par le projet pour leur réalisation.

2. la consolidation des fosses
Après avoir rassemblé les cailloux nécessaires à chaque fosse, il a fallu les empiler sur les côtés de la fosse et les cimenter. Ainsi les fosses pourront supporter les saisons des pluies.

3. la formation en production de compost
Dans chaque village, une formation de trois jours a été dispensée pour les productrices et producteurs relais qui ensuite transmettent leurs connaissances.

4. Processus pour faire du compost
1. Préparation des matériaux nécessaires au remplissage de la fosse, en coupant les tiges, les herbes, en apportant les déchets des animaux, la cendre et l’eau.

2. Remplissage de la fosse


LES CORDONS PIERREUX
L'intensité des pluies est si forte que le ruissellement de l'eau, même sur les pentes faibles, emporte le sol en surface, les jeunes plantes et la fumure organique. Les cordons pierreux sont une technique performante pour augmenter l'infiltration des eaux de pluie, réduire l'érosion hydrique, conserver et améliorer la fertilité des sols.
1. levé topographique pour déterminer les courbes de niveau

2. Traçage avec des pioches

3. Disposition de grosses pierres pour faire un muret qui retiendra l’eau des pluies

186 paysans ont été formés à cette technique et la transmettent aux autres. Chaque village rassemble les cailloux nécessaires qui sont ensuite transportés dans les champs individuels par des camions.
Quelques témoignages des paysans sur les effets conjugués du compost et des cordons pierreux :
« Cela nous a beaucoup aidés, nous voyons les résultats positifs, Nous n’utilisons plus de produits chimiques néfastes pour les terres et notre santé et nous faisons des économies bienvenues : l'engrais nous revenait cher et nous devions prendre des crédits ! »
« Dans mon champ, je ne pouvais pas cultiver de petit mil, car ma terre était pauvre. Je le peux maintenant et mes rendements agricoles ont doublé ».
« Il y a une amélioration de la cohésion sociale par le travail collectif (les cordons sont réalisés en équipe) et l’exode des jeunes hommes a diminué, avec les fosses et les cordons, ils reprennent confiance en l’agriculture. »
LES PLANTATIONS
Un site de pépinière a été mis en place.
Deux pépiniéristes produisent les plants selon les demandes des villageois.

LE PROJET PHASE II- 2011-2013- DANS NEUF VILLAGES
Les neuf villages du projet, (environ 14'000 habitants) sont peuplés d’agriculteurs-trices et d’éleveurs-euses qui connaissent l’insécurité alimentaire et la pauvreté.
La production agricole est assurée essentiellement par une agriculture de subsistance. L’irrégularité des pluies, l’érosion des sols due aux fortes précipitations, aux vents et à la pression de l’homme sur son environnement conduisent à une diminution de la fertilité des terres, une dégradation du couvert végétal, une baisse des rendements agricoles et une paupérisation.
L'agroécologie représente une vraie alternative en associant le développement agricole à la protection de l’environnement, elle permet d’accroître la fertilité des sols, de diminuer le volume des intrants (engrais, pesticides...), le poids des charges financières et la dépendance des producteurs envers les sociétés d'agrofourniture.
Le projet agroécologique mis en place avec le soutien de la FGC dans six villages de la commune de Bané, de 2009 à 2011, a permis aux paysans-nes:
- d’apprendre de nouvelles techniques qui respectent les sols, qui leur fait économiser de l’argent, (pas d’achat d’engrais), qui assurent de meilleurs rendements.
- de prendre conscience de la nécessité de sauvegarder l’environnement en luttant contre l’appauvrissement des sols, en préservant et en plantant des arbres.
- d’améliorer le statut social des femmes (elles ont été prises en compte à égalité des hommes), des jeunes qui reprennent confiance en l’agriculture et émigrent moins.
- de se constituer en groupements pour prendre en charge les activités.
Ces résultats ont incité Graine de Baobab et son partenaire Fasodevdurable à monter un projet qui a été accepté par la FGC en octobre 2011 en l’élargissant à trois nouveaux villages qui nous en avaient fait la demande.
Description du projet
1. SUIVI ET APPUI DES PROJETS GENERATEURS DE REVENUS
Les activités maraîchage, embouche, savonnerie donnent des revenus à 78 personnes dont 63 femmes. Un accompagnement technique et organisationnel leur permettra d’améliorer leurs revenus, de s’autonomiser en développant des compétences pour prendre en charge leur activité et la gérer dans la durabilité avec le souci de l’entretien des installations.
2. FORMATIONS : pour acquérir des compétences et les transmettre
Formation en techniques de production de compost, de confection de sites anti-érosifs, de production de plants et de reboisement : recyclage des 186 déjà formés et formations de 90 paysans-nes des trois nouveaux villages.
Formations de 18 femmes leaders (2 par village) : construction de foyers améliorés, tri et valorisation des déchets, nutrition (conservation céréales, utilisation du moringa, séchage tomates, mangues) et santé familiale (hygiène, planning familial, maladies sexuellement transmissibles, excision et mariages forcés). Ces femmes vont ensuite, à leur tour et avec la supervision de l’animatrice du projet, organiser des séances dans leur village pour transmettre les compétences acquises au cours de leur formation.
Formation de trois paysans forestiers chargés d’intervenir dans leur village pour préserver les arbres (lutte contre la coupe abusive et les feux de brousse).
Sensibilisation de la population par des activités organisées sur la santé et l’environnement.
3. RESTAURATION DES SOLS
Production de compost : construction de 500 fosses fumières (selon les demandes des villageois inscrits) et 6 forages
Le compostage renforce la structure du sol et sa capacité de stockage de l’eau et des éléments nutritifs. L’application du compost dans les champs permet d’augmenter la production agricole de 50 à 100 %, ce qui assure une sécurité alimentaire face aux risques climatiques.
Forages : Le compostage nécessite la proximité d’un point d’eau. Il faut plus de 5'000 litres d’eau par fosse pour que la fumure soit prête en 45 jours. Le projet prévoit 6 forages (le tiers des besoins recensés) étant donné leur coût élevé.
Construction de 500 ha de sites anti-érosifs avec végétalisation
Les cordons pierreux sont une technique performante pour augmenter l'infiltration des eaux de pluie, réduire l'érosion hydrique, conserver et améliorer la fertilité des sols.
Reboisement : plantations individuelles et collectives pour lutter contre la déforestation et bénéficier des fruits et des bienfaits des arbres.
4. SOUTIEN AUX ELEVEURS
L’élevage des bovins est une importante activité économique, source de revenu numéro deux après l’agriculture. Des animaux en bonne santé améliorent les conditions économiques des éleveurs.
Assurer l’accès à l’eau toute l’année pour les troupeaux par la construction d’un bouli : récolteur d'eau de pluie creusé en forme de cône inversé.
Assurer des conditions adéquates de vaccination par la construction d’un parc :
Près de 5'000 têtes de bétail se font vacciner deux fois par année dans des conditions extrêmement rudes : les animaux sont conduits dans un enclos rudimentaire et terrassés pour que le vétérinaire puisse les vacciner. Avec l’infrastructure prévue, on évitera les blessures des éleveurs et des bovins.
5. GESTION ET TRI DES DECHETS
Les sachets plastiques, en imperméabilisant le sol, limitent la productivité des agriculteurs et sont la cause d’un tiers de la mortalité des animaux. Un travail de sensibilisation auprès des écoles, des femmes, des vendeurs-ses et des clients-es du marché sera entrepris pour en limiter l’usage. Des poubelles seront installées ainsi que des incinérateurs pour brûler les sachets plastiques avant qu’ils ne s’envolent pas partout. Deux femmes recevront une indemnité pour le travail de ramassage et le tri des déchets au marché.